Ma mère a trouvé cet objet dans le tiroir de mon père… Est-ce ce que je redoute ?

Tout a commencé un matin comme les autres. Le soleil filtrait à travers les rideaux, le café embaumait la cuisine. Et pourtant, quelque chose flottait dans l’air — un silence particulier, tendu, presque suspendu.

Ma mère est entrée, les lèvres serrées, le regard fixe. Dans ses mains, elle tenait un objet métallique, étrange, sans nom. Elle l’a déposé doucement sur la table, comme on poserait un insecte venimeux.

— Je l’ai trouvé dans le tiroir verrouillé de ton père.

Le tiroir. Celui qu’il avait toujours gardé fermé à clé. Celui qu’aucun de nous n’avait jamais osé forcer.

J’ai regardé l’objet.

Il était froid, incurvé, doté de tiges souples qui semblaient articulées, presque vivantes. Une surface lisse, uniforme, parcourue de fines gravures indéchiffrables. Pas de marque, pas de vis, pas de coutures. Et pourtant, il semblait… utilisé.

Le tiroir interdit
Mon père n’était pas un homme secret. Du moins, pas en apparence. Il parlait peu, travaillait beaucoup, et passait ses soirées dans son bureau à griffonner dans ses carnets. Mais ce tiroir avait toujours été intouchable. Il disait que c’était pour ses papiers importants, des documents professionnels.

Mais après sa disparition soudaine, ma mère avait brisé la règle.

Et elle était tombée sur ça.

L’objet
Je l’ai pris en main. Il était plus lourd que je ne l’imaginais. Son contact me donna des frissons. Pas parce qu’il était froid, mais parce qu’il semblait réagir. Comme s’il absorbait la chaleur de ma paume. Les tiges bougeaient légèrement, comme mues par une force interne, imperceptible.

À sa base, de minuscules symboles étaient gravés. Ils ne ressemblaient à aucun alphabet connu. Pas des lettres. Des signes. Une sorte de code ancien ou… d’un autre monde.

Ma mère me regardait, inquiète.

— Tu crois qu’il fabriquait quelque chose ? me demanda-t-elle.

Je ne savais pas répondre. Mais quelque chose en moi me disait que cet objet n’avait pas été fabriqué. Il avait été découvert.

Une mémoire oubliée
Un souvenir m’est revenu. J’étais enfant, peut-être huit ou neuf ans. Je m’étais levé en pleine nuit pour aller boire de l’eau. En passant devant le garage, j’avais vu une lumière étrange filtrer sous la porte. J’avais regardé à travers la fente. Mon père était là, penché sur sa table, manipulant un objet métallique qui brillait dans l’ombre.

C’était lui. Exactement lui.

Il avait remarqué ma présence et m’avait immédiatement renvoyé me coucher.

Je n’en avais jamais parlé à personne. Jusqu’à ce jour.

Une piste
Je me suis rendu chez un ami de mon père, un ancien chercheur à la retraite. Il a examiné l’objet, en silence. Puis, lentement, il l’a posé sur la table.

— Ce n’est pas un outil. Ce n’est pas un prototype. Ce n’est pas d’ici, dit-il.

— Pas d’ici ? De quelle région ? De quel pays ?

Il m’a regardé avec une gravité glaciale.

— Ce n’est pas d’ici… au sens large. Tu comprends ?

Je n’ai pas insisté. Mais j’ai compris. Lui aussi savait. Et il avait peur.

Les coordonnées
En rentrant chez moi, j’ai observé les symboles à la loupe. J’ai remarqué une suite de chiffres — des coordonnées GPS, dissimulées dans les gravures.

Je les ai saisies sur mon téléphone. Elles pointaient vers une zone isolée, à des kilomètres au nord, perdue en forêt.

J’y suis allé.

La cabane
Au bout d’un chemin forestier effacé par le temps, j’ai trouvé une vieille cabane. Verrouillée de l’extérieur. À l’intérieur, des outils rouillés, des schémas griffonnés, des pages tachées.

Et sur une étagère, d’autres objets identiques. Alignés, rangés, comme dans un laboratoire clandestin.

Et au centre, un carnet. L’écriture était celle de mon père.

Les notes
« Ils ne sont pas venus du ciel. Ils sont sortis de la terre. »
« Ce ne sont pas des machines. Ce sont des relais. »
« L’objet est un catalyseur. Il réveille ce qui dort. »
« Si je disparais, ce n’est pas une erreur. C’est une suite logique. »

Chaque page était plus troublante que la précédente. Il écrivait comme un homme hanté par une vérité trop grande à porter seul.

Depuis ce jour
J’ai ramené l’objet. Je l’ai caché. Ma mère pense qu’il a été détruit.

Mais la nuit, il s’allume faiblement. Il pulse.

Et dans mes rêves, je vois des paysages que je n’ai jamais visités, j’entends des voix qui ne sont pas les miennes.

Je sais maintenant que mon père n’était pas fou. Il avait découvert quelque chose. Quelque chose qui commence à me parler aussi.

Pourquoi cette histoire fascine
Parce qu’elle touche à cette peur universelle : découvrir que ceux qu’on aime cachent des secrets trop lourds pour être partagés. Parce qu’elle nous confronte à ce que nous refusons souvent d’admettre — que l’inexplicable existe.

Et surtout, parce qu’elle pose une question qui dérange :

Et si l’inconnu n’était pas ailleurs, mais déjà chez nous — dans un tiroir qu’on n’a jamais osé ouvrir ?

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